Centre québécois de formation en
fiscalité - CQFF inc.
Société privée de formation en fiscalité
SPÉCIAL: BUDGET PROVINCIAL 1998
31 MARS 1998
Note importante du CQFF
Par respect pour les nombreux participants qui assistent à notre déjeuner-causerie sur le BUDGET PROVINCIAL, nous publierons notre résumé uniquement après une période de 60 jours après la date de chaque budget.
Les grandes lignes du budget
¦ Aucune hausse des taxes et des impôts...
¦ Garderie à 5 $ par jour: 23 000 places pour les enfants de 3 ans...
¦ Hausse graduelle du crédit dimpôt pour dividendes...
¦ Réforme de la fiscalité des entreprises: abolition du taux réduit dimposition (DPE)
et baisse progressive de 37 % de la taxe de 4,26 % sur la masse salariale des PME...¦ Abolition du crédit dimpôt de 1 200 $ pour les nouveaux emplois...
¦ Instauration dun crédit dimpôt remboursable dans lindustrie du vêtement et de la
chaussure...¦ Bonification du congé fiscal de 5 ans pour les nouvelles sociétés...
¦ TVQ: le seuil dapplication des restrictions à lobtention de pleins RTI sera haussé
de 6 millions à 10 millions...
INTRODUCTION
Le ministre dÉtat de lÉconomie et des Finances, Monsieur Bernard Landry, a déposé le 31 mars 1998 son troisième budget. Sur le plan du redressement financier, la route vers le déficit zéro se poursuit. Pour lexercice financier du 1er avril 1998 au 31 mars 1999, le ministre vise un déficit de 1,1 milliard de dollars. Sil réussit cet objectif, environ 80 % du chemin vers lélimination du déficit sera parcouru. Dailleurs, le gouvernement du Québec na déjà plus besoin demprunter pour payer les dépenses courantes et ce, pour la première fois en plus de 20 ans.
Lobjectif du déficit zéro est cependant incontournable mais le gouvernement sengage, après lélimination du déficit, à ce que la plus grande partie de sa marge de manoeuvre serve à la réduction des impôts et taxes.
Entre-temps, le présent budget en est un de transition. Aucune hausse des taxes ou des impôts en 1998 mais une réforme de la fiscalité des entreprises est annoncée, laquelle sappliquera de façon graduelle à compter du 1er juillet 1999.
LES PRÉVISIONS DU GOUVERNEMENT
DU QUÉBEC |
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| Déficit (en milliards) | 1,1 |
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| Intérêts sur la dette (en milliards) | 6,4 |
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| Croissance réelle du produit intérieur brut (en %) | 2,3 |
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| Prévision des taux dintérêt à court terme (Bons du trésor du Canada, 90 jours) | 5,0 |
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| Prévision des taux dintérêt à long terme (Obligations canadiennes, 30 ans) | 6,5 |
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Finalement, afin de poursuivre la lutte au chômage, le budget est accompagné du dépôt dune stratégie économique de création demplois axée vers les secteurs les plus prometteurs de léconomie.
De plus, le gouvernement crée "Investissement-Québec", un organisme qui agira comme guichet unique des investisseurs auprès du gouvernement du Québec en matière daccueil et de soutien au financement de projets majeurs.
COMMENT LE BUDGET AFFECTERA-T-IL LES PARTICULIERS ?
Peu de mesures affectant les particuliers ont été annoncées. Il sagit là dun contexte normal compte tenu de la "réforme" annoncée en 1997 et qui sapplique depuis le 1er janvier 1998. Néanmoins, soulignons les mesures suivantes :
Allégement fiscal pour les intérêts sur les prêts étudiants
Tout comme le fédéral la fait lors de son dernier budget, un crédit dimpôt non remboursable est instauré. Il sagira cependant dun crédit de 23 % (17 % au fédéral) et sera accordé sur la composante "intérêts" des paiements effectués en remboursement de prêts étudiants au cours dune année.
Le crédit sapplique aux paiements dintérêt sur les prêts nouveaux et en cours, approuvés en vertu de la Loi sur laide financière aux étudiants ou de la Loi fédérale sur les prêts aux étudiants. Des relevés faisant état des paiements dintérêt admissibles seront fournis aux contribuables par les institutions financières.
Le crédit pourra être demandé par le particulier au cours de lannée où il est gagné ou dans toute année subséquente mais il ne sera pas transférable. Le crédit pourra être réclamé dans le régime général mais ne pourra cependant pas être réclamé dans une année où le particulier opte pour le nouveau régime simplifié. Cette mesure sapplique aux intérêts payés après le 31 décembre 1997.
2) Garderie à 5 $ par jour
À compter de septembre 1998, 23 000 places dans les centres de services à la petite enfance offrant des services de garde à 5 $ par jour seront disponibles pour les enfants de 3 ans.
Cela sajoutera aux 35 000 places disponibles pour les enfants de 4 ans. Bien que les services de garde à 5 $ par jour ne donnent pas droit au crédit dimpôt provincial pour frais de garde, ils connaissent un succès important auprès des familles québécoises en raison du faible coût.
3) Hausse graduelle du crédit dimpôt pour dividendes
Dans le cadre de la réforme de la fiscalité des sociétés, il devient nécessaire de hausser le crédit dimpôt pour dividendes afin que le mécanisme dintégration entre la fiscalité des particuliers et celle des sociétés sapplique harmonieusement et ce, compte tenu des modifications du taux dimposition pour les PME.
Le taux du crédit pour dividendes sera ainsi augmenté de 8,87 % (du dividende majoré) à 10,83 % (du dividende majoré) à compter du 1er janvier 2000. Pour lannée 1999, le taux du crédit dimpôt pour dividendes sera de 9,85 % (du dividende majoré).
Les particuliers qui détiennent des actions de sociétés publiques directement ou par le biais de fonds mutuels bénéficieront de cette mesure car aucune modification aux taux dimposition des sociétés publiques na été annoncée.
4) Dons de bienfaisance
Le budget propose de bonifier le traitement fiscal applicable aux dons de bienfaisance et aux dons à lÉtat. Ainsi, la limite du montant des dons de bienfaisance donnant droit au crédit dans une année passera de 20 % à 75 % du revenu net. Dans le cas de dons à lÉtat, la limite du montant passera de 100 % à 75 % tandis que pour les dons de biens culturels, la limite demeure à 100 %. De plus, dans lannée du décès dun particulier et pour lannée précédente, la limite du revenu pour déterminer le total des dons de bienfaisance et des dons à lÉtat admissibles au crédit dimpôt sera haussée de 20 % à 100 %.
Certaines modifications techniques ont aussi été apportées dans le cas de dons en nature.
Ces modifications sappliquent à légard dune année dimposition qui commence après 1997 et sappliquent également aux sociétés.
COMMENT LE BUDGET AFFECTERA-T-IL VOTRE ENTREPRISE ?
Réforme de la fiscalité des entreprises
Une réforme de la fiscalité des entreprises est proposée dans le budget. Cette réforme prendra effet de façon graduelle dès le 1er juillet 1999.
Cette réforme seffectuera en 6 points :
i) Réduction de la taxe sur la masse salariale. Cette réduction sera fonction de la masse salariale, telle que le démontre le tableau A à la page suivante.
ii) Admissibilité accrue à certains RTI pour les PME : les restrictions au remboursement de la taxe de vente du Québec à légard de certains intrants (essence, électricité, frais de représentation, etc.) ne sappliqueront désormais quaux entreprises dont les ventes taxables excédent 10 millions de dollars (plutôt que 6 millions de dollars) et ce, à compter du 1er juillet 1999.
TABLEAU A - RÉDUCTION DES TAUX DE LA TAXE SUR LA MASSE SALARIALE |
|||
| Masse salariale de lentreprise | Taux actuel |
Taux au |
Taux au |
| 1 million $ et moins | 4,26 % |
3,75 % |
2,70 % |
| 2 millions $ | 4,26 % |
3,88 % |
3,09 % |
| 3 millions $ | 4,26 % |
4,01 % |
3,48 % |
| 4 millions $ | 4,26 % |
4,13 % |
3,87 % |
| Plus de 5 millions $ | 4,26 % |
4,26 % |
4,26 % |
Tableau: Ministère des Finances du Québec
ii) Abolition de la déduction pour petites entreprises : un taux unique dimposition de 8,9 % sappliquera à compter du 1er juillet 1999 à lensemble des sociétés sur leurs revenus actifs, tel que le démontre le tableau B ci-dessous.
TABLEAU B -TAUX
DIMPOSITION |
||
| Nature du revenu | Taux actuel |
Taux au |
Revenus
actifs
|
|
|
Tableau: Ministère des Finances du Québec
iv) Abolition du crédit dimpôt remboursable pour pertes à compter du 1er juillet 1999.
v) Bonification du congé fiscal pour les nouvelles sociétés à compter du 1er juillet 1999. Notamment, le premier 3 000 000 $ de capital versé sera exempté de la taxe sur le capital (plutôt que le premier 2 000 000 $). De plus, les premiers 500 000 $ de salaires (les premiers 700 000 $ à compter du 1er juillet 2000) seront exemptés de la taxe sur la masse salariale et ce, par rapport au seuil actuel de 300 000 $. En tenant compte du congé dimpôt sur le premier 200 000 $ de revenus, le congé fiscal de 5 ans pour les nouvelles sociétés pourrait éventuellement représenter des économies de 279 500 $ pour la période visée...
vi) Bonification du crédit dimpôt pour dividendes (voir section sur les particuliers).
Les modalités précises dapplication de lensemble de la réforme de la fiscalité des entreprises ainsi que les règles transitoires sy rapportant seront décrites par le ministère des Finances dans un bulletin dinformation qui sera publié ultérieurement.
Autres mesures concernant les entreprises
1) Crédit pour stage en milieu de travail
Le budget propose de prolonger de trois ans la période dapplication du crédit dimpôt remboursable de 40 % (20 % dans le cas dentreprise non constituée en société) qui sappliquera à un stage de formation admissible dans la mesure où il débute avant le 1er janvier 2002.
De plus, le plafond des dépenses admissibles au crédit dimpôt passera de 500 $ à 625 $ par semaine par apprenti et la durée maximale pour lencadrement dun apprenti passera de 10 heures à 20 heures par semaine. Ces règles sappliquent aux stages de formation admissibles qui débutent après le 31 mars 1998.
2) Recherche scientifique et développement expérimental
Dans le but de favoriser la recherche et le développement expérimental, plusieurs mesures ont été proposées, notamment les mesures suivantes :
Élargissement du congé fiscal de deux ans à des chercheurs étrangers employés auprès dune nouvelle catégorie demployeurs admissibles, telles les entités universitaires.
Élargissement des centres de recherche publics admissibles à accorder un crédit dimpôt remboursable de 40 % dans le cadre dun contrat de recherche admissible.
Modification technique permettant au contribuable de conserver son crédit dimpôt dans les cas où un sous-traitant confie une partie du contrat à un tiers.
Un impôt spécial sera instauré afin de récupérer un crédit dimpôt accordé sur une dépense admissible qui a été remboursée.
Lensemble de ces mesures sappliquera après le 31 mars 1998.
3) SPEQ
Le budget propose déliminer les notions de SPEQ-employés et de région admissible, ainsi que la possibilité pour une société à capital de risque dêtre actionnaire dune SPEQ. De plus, le taux de la déduction qui est accordée aux actionnaires dune SPEQ sera, dans tous les cas, augmenté à 150 % du coût des actions acquises.
Ces nouvelles mesures sappliqueront à tout placement effectué par une SPEQ après le 31 mars 1998.
4) Taxe sur le capital
Quelques mesures affecteront le calcul de la taxe sur le capital. Ainsi :
Les placements dans des sociétés exonérées du paiement de la taxe sur le capital (tels que les obligations municipales) redeviennent admissibles pour lapplication de la déduction pour placement. Cette mesure sapplique rétroactivement à une année dimposition qui aura débuté après le 25 mars 1997. Ceci pourrait dans certaines cas, nécessiter la production de formulaires modifiés.
La règle exigeant que les placements dans les titres à court terme, tels les papiers commerciaux et les acceptations bancaires, soient détenus pour une période continue dau moins 120 jours avant la fin de lannée dimposition pour réduire le capital versé sera élargie à tous les placements admissibles en déduction du capital versé. Cependant, la période de 120 jours pourra désormais chevaucher la fin de lannée.
5) Crédit remboursable pour la création demplois dans lindustrie du vêtement et de la chaussure
Dans le but de contrer lutilisation importante du travail au noir dans cette industrie, le budget propose de mettre en place pour les années civiles 1998 à 2001, un crédit dimpôt remboursable temporaire à légard de la hausse de masse salariale attribuable aux employés de production dun employeur uvrant dans lindustrie du vêtement et de la chaussure.
Seront admissibles les contribuables qui exploite une entreprise dont les activités consistent à confectionner et à fabriquer en tout ou en partie des vêtements ou des chaussures.
Le crédit dimpôt sera égal à 20 % de la hausse de la masse salariale attribuable à des employés admissibles. Le montant du salaire versé utilisé pour les fins du calcul du crédit devra être réduit de toute subvention ou aide gouvernementale.
6) Abolition du crédit dimpôt de 1 200 $ pour la création demplois
En raison des coûts inhérents à la gestion de ce crédit et de la complexité dans son application, le crédit dimpôt de 1 200 $ pour la création demplois sera éliminé et ce, à légard dune année civile postérieure à 1998.
7) Mesures visant à favoriser le développement du secteur financier
Premièrement, une aide fiscale sera accordée aux sociétés qui créeront de nouveaux fonds communs de placement dont la gestion et ladministration seront effectuées au Québec. En effet, les revenus tirés de la gestion et de ladministration de ces fonds seront exonérés de limpôt pendant une période de 5 ans. De plus, pour soutenir les sociétés de gestion de portefeuille pendant la période dapprentissage des jeunes gestionnaires, ces sociétés auront droit à un crédit dimpôt égal à 40 % des salaires versés à des employés admissibles durant 3 ans, sujet à certaines limites. Finalement, un crédit dimpôt remboursable couvrant 50 % des dépenses de démarrage admissibles sera accordé jusquà concurrence de 250 000 $.
Deuxièmement, afin dattirer à Montréal un plus grand nombre dactivités financières internationales, une révision majeure du programme des centres financiers internationaux (CFI) est mise en place, notamment :
La gamme des activités admissibles est élargie afin dy inclure une série de services spécialisés.
Un crédit dimpôt remboursable sera accordé aux CFI, correspondant à 40 % du salaire des jeunes employés spécialisés en transactions internationales, sous réserve de certaines limites.
Une exemption dimpôt sera accordée sur le profit provenant de transactions internationales admissibles.
Une exemption de taxe sur le capital et une exemption des cotisations au Fonds des services de santé.
En bref En bref En bref
AVIS
Ce résumé est conçu pour vous fournir une information générale sur certains aspects du budget provincial de 1998. Il ne prétend pas être exhaustif et peut être divergent avec le texte final de loi après son adoption. Nhésitez pas à nous consulter en tout temps sur ces sujets ou encore sur tout autre sujet. Il nous fera plaisir de vous aider.
Bon succès dans tout ce que vous entreprenez.
Vos conseillers,
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